Dans Morkull Ascend to the Gods, on ne joue pas un héros hésitant au regard vide, mais carrément le dieu de la Mort et des Ténèbres, conscient d’etre coincé dans un jeu vidéo et bien décidé à le rappeler toutes les trente secondes. Morkull parle, commente, se moque du joueur, du level design et parfois meme de lui-meme, un peu comme Deadpool s’il avait décidé de troquer ses katanas contre des pouvoirs divins et un égo XXL. Le principe est simple : une ascension divine à coups de combats de boss, dans un royaume dark fantasy qui semble avoir été dessiné après une nuit blanche et trop de café noir. C’est la suite de Morkull Ragast’s Rage qui était un jeu de plateforme action 2D plus classique mais très sympa aussi.

Du coté du gameplay, le titre assume totalement son amour du boss rush. Ici, pas d’exploration à rallonge ni de quêtes annexes pour cueillir des fleurs : on enchaine les combats contre des divinités de plus en plus énervées, et autant être clair, on va mourir. Souvent. Très souvent. Le die and retry est au cœur de l’expérience, mais toujours de manière honnête. Quand on perd, c’est parce qu’on a mal esquivé ou frappé comme un bourrin, pas à cause d’une hitbox douteuse ou d’une manette maudite. Le personnage répond au doigt et à l’œil, avec une belle sensation de fluidité, et les capacités déblocables permettent d’ajuster sa stratégie avant chaque affrontement.

Concernant les graphismes, le jeu mise sur une direction artistique dessinée à la main, image par image, et ça se voit. Les animations sont fluides, expressives, et donnent beaucoup de personnalité aux ennemis comme à Morkull lui-même. C’est épuré, parfois presque minimaliste, mais toujours lisible, ce qui est essentiel quand l’écran se transforme en enfer de projectiles divins. Le monde de Midaldus dégage un charme particulier, avec ses dieux étranges et ses créatures inquiétantes, sans jamais tomber dans le gore gratuit. On sent que chaque boss a été pensé comme une pièce maitresse, visuellement et mécaniquement.

Pour la bande-son, le jeu fait le job avec sérieux. Les musiques accompagnent bien les combats, sans chercher à voler la vedette, et les bruitages renforcent l’impact des coups et des attaques ennemies. Ce n’est pas une OST qu’on écoutera en boucle sur Spotify, mais elle soutient efficacement l’action. La vraie cerise sur le gâteau reste l’écriture et la traduction française, étonnamment réussie. Les blagues tombent juste, les références font mouche, et Morkull devient rapidement un compagnon aussi insupportable qu’attachant, un peu comme ce pote qui parle trop mais qu’on invite quand même.

Au niveau de la durée de vie, Morkull Ascend to the Gods ne cherche pas à s’étirer artificiellement. Le contenu est concentré sur ses affrontements, et la difficulté assure une certaine longévité, surtout pour les joueurs qui aiment maitriser chaque combat. On avance à son rythme, en apprenant les patterns, en ajustant ses charmes et en acceptant l’échec comme une étape normale. Ce n’est pas un jeu infini, mais une expérience dense, pensée pour être rejouée par ceux qui veulent vraiment dominer les dieux.

Pour conclure, Morkull Ascend to the Gods est une suite qui comprend parfaitement ce qu’elle veut être : un boss rush exigeant, drôle et stylé, porté par un personnage qui n’a clairement pas sa langue dans sa poche. Si vous aimez souffrir tout en riant, et que mourir vingt fois face au même boss ne vous fait pas jeter la manette, alors Morkull pourrait bien devenir votre dieu préféré, juste après celui du bouton recommencer.