The Bureau - Le travail c'est la santé!

Cowboys & Envahisseurs ou encore le dernier Men In Black ont tous les deux mis le doigt sur quelque chose qui pourrait paraître débile à première vue, soyons francs, mais qui finalement fonctionne plutôt bien. Faire débarquer les aliens dans notre passé ça laisse présager pleins de bonnes choses. Ça tombe bien, les Zudjari débarquent en 1962 et nos amis en costard cravate du Bureau vont tenter de riposter.

The Bureau était annoncé depuis des lustres, depuis tellement longtemps qu'on ne l'attendait plus pour être tout à fait honnête. D'habitude, quand un jeu tarde vraiment à sortir, cela ne présage rien de bon. Et bien William Carter semble avoir réussi à mener son équipe vers un avenir plutôt glorieux, du moins, mieux que ce que les péripéties du développement supposaient.

Dès les premières secondes de jeu, l'ambiance est posée. Un cadavre calciné, une chambre de motel en bordel, punaise hier soir c'était chaud bouillant!

Le jeu ne perd pas de temps à vous planter le décors pendant des heures, après une très brève introduction, vous prendrez le contrôle de William Carter, au passé douteux mais qui a prouvé sa valeur sur le terrain plus d'une fois et qui finit sa carrière dans les bureaux ou en tant que coursier. Manque de pot, les choses vont se compliquer sérieusement avec cette mission car la mallette que vous transportez contient un objet très convoité. Vous serez attaqué et à votre réveil vous comprendrez rapidement que la femme qui a tenté de vous voler le colis n'avait pas les yeux rouges uniquement à cause d'un mauvais flash d'appareil photo.

Laissez moi deviner... Mon équipe secondaire est rentrée de sa mission d'exploration au Nouveau Mexique et a choppé la tourista?

La vue est à la troisième personne avec des déplacements et des contrôles tout à fait classiques. Le jeu nous fait commencer seul histoire de débuter le scénario en vrai héros solitaire mais surtout pour nous apprendre les bases, Carter sera vite rejoint par un, puis deux compagnons pour l'aider dans sa lourde tâche de défendre les États-Unis face à une invasion extra-terrestre.

Le point de vue du joueur est toujours celui de Carter, il n'est pas possible de prendre le contrôle de ses coéquipiers. En revanche, la pause active faisant apparaître la rosace des commandes fera jubiler le fan d'action tactique qui sommeille en vous. 

La rosace de la pause active, un vrai bonheur à utiliser pour envoyer ses coéquipiers au charbon.

Ce menu vous permettra de ralentir considérablement le temps et de placer vos pions sur l’échiquier. Vous pourrez déplacer vos agents où bon vous semble puis leur demander d'utiliser leur aptitude de tir précis sur un Zudjari par exemple alors qu'un autre sera chargé de placer un leurre à l'autre bout de la salle et que Carter aura pour tâche de faire léviter la cible de son coéquipier pour la faire sortir de sa couverture et ainsi assurer le maximum de dégâts du tir précis sans être emmerdé par les Insectoïdes qui seront occupés à tirer sur le leurre comme des teubés malgré leur grosse tête toute grise. Pfiou, longue phrase!

Ce bureau est authentique des années 60, il fume comme un pompier.

Cela peut paraître un peu complexe en lisant cette action, mais en jeu ce sera un festival. Vous enchaînerez des combinaisons bien plus techniques à la pelle tellement le jeu est pensé pour. C'est littéralement grisant de tuer du petit gris par combo. Mais la pause active n'arrête pas totalement le temps et si au début du jeu, voir deux aliens arriver à 2 à l'heure est risible, après quelques missions, les voir arriver par packs entiers, même en slow motion, vous vaudra quelques gouttes de sueur à réfléchir à votre organisation sur l'instant. Et croyez moi, on accepte plutôt bien les cafouillages dans The Bureau tellement les retournements de situation sont gratifiants pour le joueur.

Vous débloquerez des compétences pour chacun de vos soldats au fur et à mesure de leur gain d'expérience au combat.

En effet, la fin d'un cooldown d'une aptitude arrivé au bon moment vous permettra peut être de faire le combo ultime in extremis. Ces compétences sont bien évidemment liées à la classe de votre personnage, Carter étant unique de ce point de vue là, il faudra faire en sorte que les trois membres de l'équipes se complètent bien. A chaque montée de niveau vous aurez le choix entre une ou deux compétences ce qui permettra d'avoir plusieurs soldats de la même classe mais avec des atouts différents sur le champ de bataille. Autant recruter avec intelligence alors surtout que la mort d'un agent est définitive! Sauf pour Carter bien sûr, ça serait con de se débarrasser du héros charismatique pour le remplacer par le troufion de base.

Recruter des potes, les renommer et les resaper, combattre à leur côté, désouder du p'tit gris, fumer des clopes... Une journée normale pour William Carter.

Le recrutement est simplissime et indispensable pour lutter contre l'attaque au niveau national. En effet, Carter est balaise mais il n'a pas non plus le don d'ubiquité. Vous pourrez envoyer certains de vos soldats gagner de l'expérience dans des missions d'exploration et en bons petits toutous, ils vous rapporteront des récompenses et gagneront de l'expérience. De votre côté, en tant que chef de groupe, vous devrez parfois choisir entre deux missions. Ces choix n'agissent pas sur le déroulement de l'histoire mais permettent une rejouabilité plus agréable. Il est possible de personnaliser un peu ses potes de combat tout de même en modifiant leur aspect, leur nom, leurs compétences, leur inventaire qui évoluera en fonction des armes que vous trouverez lors de vos missions ou de ce que le laboratoire de recherche vous donnera à tester en bon cobaye de terrain que vous êtes.

T'as pas une gueule de porte-bonheur!

Car oui, chose importante dans The Bureau, vous n'êtes pas seul. Et on le ressent bien d'ailleurs! Entre la pression du chef pour dézinguer tout ce qui bouge et les réclamations des scientifiques pour ramener des spécimens d'aliens vivants avec leurs armes en bon état en plus de ça, William Carter est sollicité de partout. Mais c'est surtout une magnifique impression de fourmilière constamment en action qui émane de la base. Il y a toujours un personnage pour faire avancer le scénario dans une discussion ou une animation scriptée pour contribuer à l'ambiance du jeu. Le must étant la galerie des monstres façon Independance Day avec les petits gris dans des bocaux géants.

Des notes, trouvées ça et là dans les niveaux contribuent beaucoup à l'immersion. Un gros plus non obligatoire pour les plus pressés.

The Bureau bénéficie d'un scénario qui a su satisfaire le petit fan d'hommes verts et des 60s que je suis. C'est sûr que si comme moi, vous adorez cette période aux États-Unis et que vous aimez la théorie du complot et les secrets d'état sur les aliens, cela ne pourra que vous plaire. Le scénario saura vous surprendre par moments tout en ayant, il faut l'avouer, une trame assez évidente mais l'ambiance est telle qu'on se laisse facilement porter par l'histoire.

Ah! J'avais raison. Putain de burritos! Je ne veux pas savoir ce qui s'est passé dans ces toilettes...

Le gros point fort de The Bureau c'est sans aucun doute sa bande sonore. Les effets sont superbes, des musiques d'ambiances discrètes, mais efficaces, vous accompagneront dans vos missions et les différents bruits improbables que vous pourrez entendre lors de votre progression vous feront réaliser que vous êtes bel et bien entrain de combattre face à des espèces inconnues. Le top du top étant les doublages français, cela fait bien longtemps que je n'avais pas été aussi surpris par la qualité des voix françaises dans un jeu. Si malheureusement elles ne sont pas toutes de la même qualité, on peut admettre que les acteurs ont fait de beaux efforts et que les voix sont dans le ton du jeu et tout à fait crédibles. Vous reconnaîtrez certainement des doubleurs de certains films ou série d'ailleurs. Cela contribue énormément au côté très immersif du jeu.

Un super vaisseau spatial en arrière plan, le tout dans une base militaire ennemie, l'endroit rêvé pour une pause clope.

Graphiquement The Bureau tire un peu la tronche, il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas ce qui se fait de plus beau. Il n'y aura pas pour autant de passage extrêmement laid ou de texture tellement dégueulasse qu'elle vous fera faire un bon de 3 mètres sur votre canapé. Non, The Bureau reste propre dans l'ensemble avec une identité graphique qui est accrocheuse. C'est agréable à l’œil mais on aurait tout de même aimé pouvoir se dire, dans une ruelle pleine de voitures anciennes avec des vaisseaux spatiaux dans le ciel en arrière plan, "Wow, là j'en prends plein la gueule!", mais cela n'ira malheureusement pas jusque là.

Les missions nous emmènent dans des lieux variés. On ressent d'autant plus l'invasion au niveau national.

Les missions sont longues et variées, le jeu ne permettant pas de foncer tête baissée, il vous faudra aborder chaque affrontement en ayant au préalable repéré les meilleurs cachettes et les points de tir. On sent venir les combats, on se doute que s'il y a un grand espace avec pleins de murets, ce n'est pas uniquement pour faire joli, mais avouons que le level design est assez fouillé et inspiré. La progression restant ce qu'elle est, très linéaire, elle n'en est pas moins agréable pour autant car les décors ne se limitent pas à ce que vous avez sous le nez. Bien souvent en arrière plan les constructions aliens mettent un ton tragique à la scène.

Ce barbier ne m'a pas l'air très doué... Il faudra que j'annule mon rendez-vous de mardi.

The Bureau aurait pu être parfait mais son gameplay va du formidable en pause active au pas précis du tout en temps réel. Carter est assez lourd dans ses mouvements et le système de protection à couvert n'est pas toujours simple à utiliser dans le feu de l'action. On aurait aimé un peu plus de tolérance sur le placement, il faut vraiment être raide comme un piquet face au mur pour avoir la possibilité de s'en servir comme couverture. Carter, héros national, se révèle rapidement être un peu lourdeau et on aura tendance à le laisser à couvert derrière le même muret durant les affrontements dans la mesure du possible. C'est bien dommage car le côté tactique étant parfaitement réussi, il ne manquait plus que ce côté action pour faire du jeu une référence en la matière.

Ça craint pas mal ici, en fait je vais retourner à l'intérieur finir ma sieste.

The Bureau : XCOM Declassified est une très belle surprise de fin d'été qui mérite toute votre attention. L'expérience sera sympathique pour la plupart des joueurs qui aiment les jeux tactiques et s’avérera tout simplement grandiose pour les fans de E.T et de Mad Men.

The Bureau : XCOM Declassified Note XboxOrNot

sur 100

  • Ambiance sonore très immersive
  • Années 60, aliens, le tout en mode rétro, ils vous en faut plus?
  • Scénario
  • Des doublages d'exception
  • Le système de couverture pas toujours optimal
  • Graphismes un peu à la ramasse
  • Maniabilité parfois poussive
  • Notre barême en détail
Goma
Par

Le petit dernier de GameOrNot, c'est Goma. On pense qu'il est là par passion. Mais détrompez-vous, sa véritable nature se dévoile quand on prend quelques secondes pour faire du verlan sur son pseudo. Goma. Mago. Il doit aimer les Doritos ! A moins que ce ne soit une alusion à sa magic' touch' ?